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Le site de Graufthal
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Environné de forêts, le site de Graufthal entre de bonne heure dans l’histoire. Ce lieu, à la jonction des vallées du Rehbach et de la Zinsel du Sud , encastré au milieu de hautes falaises de grès, a donné naissance à un carrefour naturel, reliant le plateau lorrain à la plaine d’Alsace.
Ainsi, les anciennes populations celtes puis gallo-romaines  ont-elles la possibilité de se rencontrer  ou de profiter de l’existence d’une voie secondaire, en complément de la grande route romaine qui passe plus au Sud par le col de Saverne .
Plus tard, au haut Moyen Age, les évêques ou les comtes de Metz qui détiennent la vallée de la Zinsel en fief  ne manquent pas d’y édifier un établissement religieux.

L’abbaye de Graufthal
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La date de sa fondation reste incertaine. Certains chroniqueurs pensent qu’elle revenait à l’évêque de  Metz, Sigebaud, qui fonda l’abbaye de Neuwiller en 723. Un antique bréviaire de l’abbaye de Graufthal aurait indiqué, en outre, qu’un comte de Metz, du nom de Richard ( 964- 986) en avait été le restaurateur. Mais d’autres historiens estiment que seuls les « Folmar », comtes de Metz et de Lunéville du 11ème au début du 12ème siècle en étaient les fondateurs et bienfaiteurs.
Un premier document, daté de 1126, nous apprend que l’abbaye de bénédictines de Graufthal était dédié à Saint Gangolphe. Le culte de ce seigneur né aux environs de Langres et assassiné le 11 mai 760 ne se développe qu’à partir du 10ème siècle. 
Au 12ème siècle, l’abbaye s’ouvre à l’influence rhénane et accueille de nombreuses religieuses. Elle  est soumise à l’obédience de l’abbé de Sankt Georgen en Forêt Noire et échange plusieurs lettres avec la célèbre abbesse Hildegarde de Bingen vers 1160.
Généreusement dotée par ses bienfaiteurs, l’abbaye de Graufthal   fait fructifier ses diverses possessions en Alsace Bossue, dans la région de Dieuze, dans le comté de Lichtenberg ou dans les Kochersberg.
Victime de la Réforme, l’abbaye est sécularisée en 1553 et ses 5 dernières nonnes se seraient retirées à Saint Jean les Choux, près de Saverne.

Le village
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A partir du milieu du 16ème siècle, le village est administré par les seigneurs de La Petite pierre. Ils ont le souci d’exploiter les ressources de notre région, tout particulièrement le comte Georges-Jean de Veldenz ( 1543- 1592), dit « Jerrihans », le roi des verriers.
Comme partout en Alsace, les guerres et passages de troupes du 17ème siècle déciment presque entièrement la population. La paix revenue, certains habitants se construisent des maisons avec les pierres des ruines du couvent. Quelques familles, plus pauvres ou plus malignes, aménagent des maisons en hauteur, dans les excavations rocheuses des falaises de grès.
Entre temps, le hameau de Graufthal est devenu l’annexe de la commune d’Eschbourg. La petite chapelle de 1619 sert simultanément aux cultes des deux religions, catholiques et protestantes, jusqu’à la construction, en 1905 de l’église catholique.
La vocation touristique de Graufthal s’éveille dès le début du 19ème siècle, car l’habitat singulier des maisons des rochers et les quelques vestiges du couvent deviennent la curiosité de visiteurs, dessinateurs et archéologues.
Selon la tradition orale, un petit atelier d’allumettes chimiques aurait même été ajouté au second niveau des maisons des rochers. Ce genre d’industrie se développa entre 1840 et 1870 dans les villages environnants.

En 1903, le modernisme pénètre dans la vallée de la Zinsel : Graufthal a sa petite gare, en fonction jusqu’en 1953. Son train à ligne étroite, « l’Eselsbahn », rend de grands services non seulement aux autochtones et touristes, mais  aussi aux carrières de grès toutes proches en  transportant meules et pierres de construction jusqu’à Lutzelbourg pour y poursuivre leur cheminement par le canal ou par le chemin de fer.

Les maisons des rochers
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En 1899, l’archéologue R. Forrer,  rejoint par Charles Spindler, entreprend de faire des fouilles sur le site des maisons des rochers. Sa conclusion est que ces grottes ont été aménagées au Moyen-Age en entrepôts ou greniers par la mise en place de poteaux de clôture dont il subsiste encore les trous dans la roche. Par la suite, vers le 17ème siècle, quelques unes de ces constructions en bois sont utilisées comme logements provisoires, puis transformées au 18ème siècle en maisons d’habitation en pierre. Un linteau de porte en grès était d’ailleurs daté de 1760.
Ces maisons ont une composition identique : on trouve au rez-de-chaussée une cuisine jouxtant la pièce d’habitation dans laquelle dorment les parents, et une étable repérable au fait que les murs internes ne sont pas recouverts d’enduit. Au 1er étage, un espace dortoir est réservé aux enfants tandis que l’autre partie sert de fenil et grenier.
A partir du début du 20ème siècle, cet habitat anachronique qui draine déjà les foules se dégrade peu à peu. La maison Wagner est désertée la première. Le 1er étage de la maison Weber s’effondre en 1931. Sa propriétaire, sous le choc, s’éteint peu après, âgée de 88 ans. Seules, les sœurs Ottermann continuent leur vie sous les rochers. Madeleine, l’aînée, décède en 1947 à 89 ans, et Catherine, la célèbre « Felsekaeth », sera pendant 11 ans la dernière troglodyte de Graufthal. Beaucoup de visiteurs se souviennent encore de cette dame qui aimait les accueillir chez elle.

Protection du site

En 1938, le site de Graufthal est classé parmi les sites et monuments naturels de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque.
Les vestiges du couvent sont inscrits en 1984 sur l’inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, ainsi que les Maisons des rochers en 1988.